Tranches de bluff

Comédie en 4 actes, 4h-6f + 1 figurant(e) en toute fin de pièce (3 répliques)

Un décor : La cuisine d’une modeste maison, dans la campagne

Durée : 1h50


Bertine, septuagénaire au tempérament bien trempé, vit seule dans sa vieille maison à l’entrée de la petite bourgade de St Jean du Grenouillet. Possessive et emmerdeuse, elle ne supporte pas de savoir ses enfants partis en vacances et s’invente des maladies, tous les ans, pour les faire revenir. Cette année, avec la complicité de sa voisine Colette, qui n’a pas sa langue dans sa poche, elle imagine un grand bluff pour les obliger à passer l’été auprès d’elle.

C’est ainsi que sa fille Jacqueline et son gendre Bernard, son fils Jean-Claude et sa belle-fille Christiane, écourtant précipitamment leurs vacances, la retrouvent allongée sur son lit, râlant, à l’agonie. Profitant de cette situation, elle leur parle héritage et leur fait promettre des choses qu’ils pourront difficilement tenir et auxquelles, pourtant, ils s’engagent.

Après les avoir contraints à s’occuper du chat Pompon, des poules, du coq et de la chèvre empruntés au père Basile, Bertine, de bluff en bluff leur annonce que le père qui les a abandonnés il y a quarante ans n’est autre que le chanteur Adamo Rossi. Revenu dans la tournée des sixties après de longues années d’absence, il est de passage dans la région et, à sa demande, doit venir le lendemain pour connaître ses enfants qu’elle lui a cachés pour ne pas, soit disant, briser sa carrière. Panique à bord !

Voilà donc nos deux enfants qui se retrouvent face à… Gilbert, le mari de Colette, plombier de son état, qui, contraint et forcé, pailleté et gominé, guitare à la main, a été transformé en chanteur. Pas vraiment le physique de l’emploi ! Son espiègle nièce Julie, attachée de presse pour la circonstance, se laisse ingénument séduire par Bernard, au grand dam de sa femme Jacqueline, et incite Christiane, chanteuse à la chorale de la paroisse et inconditionnelle de la Star’Ac, à rejoindre les choristes d’Adamo Rossi, au grand désarroi de son mari Jean-Claude.

Bertine exulte, elle a réussi à semer la zizanie entre ses enfants et elle s’amuse, ça lui passe le temps…Pour exciter plus encore leur jalousie, elle leur annonce qu’elle va léguer tous ses biens à Adamo Rossi qui veut bien s’occuper de ses animaux.

Retrouver leur père, c’est bien, mais le voir rafler le maigre l’héritage sur lequel ils comptaient, Jacqueline et son frère ont bien du mal à l’accepter. De là à imaginer « son départ », il n’y a qu’un pas… qu’ils ne vont pas hésiter à franchir. L’arrivée impromptue d’Antoine, dit Tonio, un mac marseillais en cavale, accompagnée de Gigi, sa protégée, va quelque peu perturber leur plan. Et c’est ainsi que les le coq et les poules vont passer de vie à trépas au grand étonnement du père Basile venu prendre des nouvelles de son cheptel…

Qu’importe, Bertine a suffisamment d’imagination et une nouvelle idée ne tarde pas à germer pour qu’elle puisse, avec Colette, s’offrir à nouveau quelques belles « tranches de bluff »

Si vous avez apprécié « Mauvaises pioches », « Larguez les amarres » ou « Trois chambres à zéro », cette nouvelle comédie, aux rôles bien équilibrés, devrait immanquablement vous provoquer… une bonne « tranche de rire » !


Remarques diverses:

  • Suggestion d’entracte : Le « Théâtro’logis »de Saint Rémy en Mauges (49) a, très intelligemment, fait son entracte au milieu de la page 33 . Le rideau se ferme sur Colette qui retrousse ses manches et qui sort pour aller chercher Gilbert. Il se rouvre sur la même scène, avec toutefois un léger retour en arrière de 3 ou 4 répliques. Le rideau se ferme donc sur une action vive avec un peu de suspense et s’ouvre sur une autre action, encore plus vive et comique, permettant ainsi de diviser la pièce en deux parties quasiment égales en durée et de la faire repartir sur les « chapeaux de roues ».
  • Planque d’Antoine et de Gigi : Page 52, je faisais se cacher Tonio et Gigi derrière le lit. Paul Michaud, le metteur en scène de Théâtro’logis a eu l’idée d’accrocher 2 peignoirs à une patère au mur. Du coup,Tonio et Gigi se rendent invisibles aux autres en s’enveloppant dans ces peignoirs et ils libèrent ainsi les abords du lit. L’idée est vraiment excellente et le jeu de scène parfaitement réussi.