Mes poèmes

Apocalypse

Ô Dieu, qu’il faisait beau en ce soir de septembre, Les senteurs d’un été qui n’en finissait pas Parvenaient jusqu’à nous, au fond de notre chambre. Un rossignol chantait, perché non loin de là. La…


Sylvie

Quelle pièce nous jouais-tu, en ce matin frileux, Loin des feux de la rampe, loin de tes partenaires ? Une sorte de drame au scénario douteux, Sur le bord d’une route , théâtre imaginaire. Cette…


Vocations

Dans la froideur de l’hiver, J’ai vu un homme sans maison, Dormant dehors, à découvert . Plus tard, je serai maçon…… Sur son dos, dans sa besace, Est son repas routinier, Du pain dur comme…


Superstitions

C’est un vendredi treize, mon horoscope en main, Un trèfle à quatre feuilles sur ma veste de daim, Je vais, d’ un pas léger, sans marquer d’impatience, Je ne crains rien ce soir, car c’est…


Racine

Que n’a-t-on pas écrit que l’on sache déjà, Une maman est ci, une maman est ça, Qu’aujourd’hui te voyant, étendue et sans vie, Les forces fuient mon corps, et les mots mon esprit. A l’arbre…


Mort d’une poupée

Aux lauriers, maintes fois, Marie t’en souviens -t’il, Avons- nous, tous les deux, en un rituel sacré, Haut et court pendue ton unique poupée, Dans le but d’assagir nos humeurs versatiles. Des heures nous restions,…


Nostalgie

(Sur l’air de ’Brave Martin » de Georges Brassens) Avec son vieil habit de fête Et sa fourrure en lapin blanc Son petit chapeau sur la tête, Ell’rend visit’ à ses enfants ; Grand maman a…


Patriotisme

Un rectangle de toile a claqué dans le vent, puis il s’est affaissé, s’est tordu, a pendu, lamentable, comme une vieille chaussette sur un fil à linge. Puis il a claqué de nouveau à la…


Les vieux souliers

J’ai bien ciré mes vieux souliers Pour qu’ils ne fassent pas misère, Ecris trois mots sur un papier Accroché sur la crémaillère. Dans la mansarde du grenier Je n’ai pu fermer les paupières. Ai-je bien…


Le vieillard et l’enfant

Sur un banc, près d’un mur d’où croulent des glycines, Un vieillard est assis, perdu dans ses pensées. Un enfant, passant là, qu’une idée turlupine, Vient s’asseoir près de lui et se met à causer….


Le robot

Ah, je suis fier de moi, si,si soyez-en sûr Car je viens d’acheter, après mûr examen Un des plus beaux fleurons, sinon un des plus purs, De la technologie avancée de demain. Mes amis en…


La venelle

Il est près de chez moi, dans un coin de campagne, Au fond du potager, par delà un mur gris, Un endroit ressemblant au pays de cocagne, Qu’y conduit un chemin aux chênes rabougris. Le…


La table vide

Ou sont donc , mes amis, passés ? Ceux qui honoraient ma table, En ces temps si mémorables, Ou dieu argent, bien amassé Vous rendait, en ce bas monde Un citoyen hors du commun. Il…


La complainte de l’aspirine

Vous souvient-il d’un jour, en des temps très anciens, Ou mon père chimiste, de synthèse en synthèse, Me façonna le corps et fit, fort à son aise, De mon nom d’aspirine, un fabuleux destin ?…


L’orage

Il arrive souvent, sans qu’on y prenne garde, De Galerne poussant de gros nuages gris, Le ciel, brusquement, semble changer de hardes. Mon amour, en ton corps, l’orage mont’ aussi. Déchirant le silence d’avant grande…


Evasion

Une fenêtre ouverte….. et un toit de garage, Le garage…l’auto… la route et le soleil, Le soleil… la mer… les dunes et la plage, La plage…l’horizon…et ses reflets vermeils. Vermeil ! Que ne puis-je admirer…


Esther

Lorsque la nuit tombait, l’hiver, sur le bocage, Chaque soir nous allions au village voisin, Et nos bidons à lait résonnaient en chemin, Tandis qu’Esther rentrait ses bêtes du pacage. L’habitude faisant, sur le gros…


Doutes

J’ai peur de ces murs gris, humides, sales et tristes Enserrant le cachot ou tu vis , condamné. J’ai peur des barreaux noirs, trois traits sur une piste, D’un bout d’azur au ciel, chaque jour…


Commerages

Quand sont les jours d’hiver, dans le petit salon, Blotties dans leurs fauteuils devant le thé brûlant, Sur les gens du quartier, avec obstination, Les dames patronnesses parlent en jubilant. Elles parlent un peu de…


Amnésie

Te souviens-tu, mon fils, de ta venue au monde, Du cri que tu poussas à cet instant précis, Et de ce chaud contact, près du corps, adouci, De ce sein généreux par ou le lait…